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La littérature traite toujours de cas singuliers, d'individus exceptionnels qui sont d'une manière ou d'une autre en porte à faux avec le monde. L'Europe centrale, région aux frontières mouvantes, présente une unité culturelle et historique, mais n'en a pas moins été aussi déchirée par les particularismes identitaires de nations en construction. Les identités (linguistiques, ethniques, nationales, religieuses, sociales, il faudrait ajouter sexuelles) y sont toujours multiples et " non-évidentes ". C'est donc à cette complexité des identités qu'est dédié ce volume, centré sur la figure de l'Autre, exclu et excentrique, du marginal comme métaphore de l'existence centre-européenne, à travers les œuvres de Franz Kafka, Joseph Roth, Bohumil Hrabal, Witold Gombrowicz, Yisroel Rabon et Josef Winkler.
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Ce volume aborde les définitions et les rapports généalogiques entre le merveilleux et le fantastique en Europe centrale et orientale, région comprise ici comme " territoire du fantastique " commun. Le " premier " fantastique y naît tout d'abord en réaction aux Lumières, dans le sillage du romantisme et des idées herdériennes, il puise dans les traditions du merveilleux populaire et diverses sources folkloriques (germaniques, slaves et juives). L'influence des Contes de Grimm et d'E.T.A Hoffmann s'étend ainsi dans toute l'Europe centrale jusqu'en Russie, avec Gogol. L'apparition du " second " fantastique en Europe centrale autour de 1900 se caractérise par son ancrage dans le rejet du scientisme et du positivisme occidental, lié à la diffusion de courants irrationalistes tels qu'occultisme, spiritisme, magie ou théosophie. Sans que les thèmes et les formes se démarquent systématiquement du premier fantastique, ces courants sont particulièrement sensibles en Autriche chez Meyrink, Kubin, Hofmannsthal, Schnitzler, en Bohême chez František Langer ; chez d'autres auteurs domine le recours aux traditions mythiques du passé national et au messianisme (Wyspianski, Peretz), ou encore la référence à un mythe englouti (Perutz, Lernet-Holenia, Appelfeld).
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Territoires à la frontière, les confins représentent un ailleurs géographique mais aussi poétique, cristallisant et parfois renversant l'opposition entre le " centre " et la " périphérie ". Dans les pays d'Europe centrale, il y va souvent d'un mythe collectif : le rêve des Allemands et des Autrichiens sur la Galicie, des Polonais sur la Lituanie ou l'Ukraine, des Tchèques sur la Slovaquie, des Hongrois sur la Transylvanie, des Juifs assimilés sur le monde de la culture yiddish, pour n'en citer que quelques exemples. Le récit de voyage vers les confins, départ d'un centre oppressant vers un " ailleurs " salutaire, reposant sur la nostalgie d'un pays à la fois proche et lointain, d'une " patrie personnelle ", exprime à travers un genre littéraire particulier cette aspiration au ressourcement géographique et spirituel. Etudes de cas d'artistes, d'essayistes et d'écrivains allemands et autrichiens (Döblin, Däubler, Franzos, Schnitzler), hongrois (Németh), tchèques, yiddishophones (Peretz, Anski), polonais (Schulz, Kossak-Szczucka), russe (Sigismund Krzyzanowski), mais aussi francophones (Simenon, Ritter).
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En Europe centrale et orientale, les " confins " jouent un rôle tout particulier dans la genèse de mythes identitaires et nationaux, tout comme dans l'imaginaire littéraire des cultures qui la composent. Ces territoires placés à la frontière d'une civilisation qui se comprend comme un rempart de l'Occident (les Marches de l'Est pour l'Allemagne, les Kresy pour la Pologne), se déclinent aussi sur le mode du lieu mythique des origines, du paradis perdu de l'enfance ou de l'Atlantide engloutie. La redécouverte de ces régions multiculturelles enfermées dans un mur de l'oubli durant l'ère communiste permet enfin d'en mesurer la pertinence pour la constitution des identités modernes. Ce numéro rassemble à la fois des articles de fond sur le concept de confins vus d'un centre qui se déplace à chaque fois (Pays germaniques, Roumanie, Pologne, Biélorussie, Hongrie etc.) et des études ancrées dans les provinces à l'identité à la fois particulière et multiple que sont les " Sudètes ", la Poznanie, la Galicie, le Banat etc.
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Le troisième et dernier volet de la série sur les confins aborde la partie noire et tragique du sort de ces territoires aux frontières : la destruction des confins, c'est à dire, de la montée des fascismes et la Seconde Guerre mondiale à la période soviétique et au delà. Elle part du constat de la destruction irrémédiable des " confins " (anéantissement planifié de populations, déportations, dictatures - nazisme, stalinisme), pour en examiner les conséquences, de la nostalgie d'un monde englouti et sa redécouverte jusqu'à nos jours.
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Cette anthologie d'œuvres écrites en latin au cours du XVIe siècle en Bohême recèle un aspect méconnu d'une culture décisive de l'Europe centrale. Située entre le début de la Renaissance et l'annonce du Baroque, cette production apporte un témoignage sur la pensée et l'imagination d'auteurs attachés à dépasser les conflits religieux : l'existence même de ces œuvres reflète la tolérance, durant le siècle qui précède la Guerre de Trente ans, d'un pays qui fut souvent espace et dialogue et d'asile. 34 poésies choisies, préfacées et commentées par Hana Jechova-Voisine et Jacques Voisine. Texte bilingue, latin et français.
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Région fédérale d'Autriche, limitrophe de l'Italie et la Slovénie, la Carinthie a donné naissance à quelques-uns des plus grands auteurs de la littérature du vingtième siècle, parmi lesquels Robert Musil et Ingeborg Bachmann. A côté de l'étude de la situation culturelle et politique de la région, les analyses et les textes littéraires d'une trentaine d'auteurs réunis dans ce volume se penchent sur le mélange et la cohabitation des deux groupes ethniques et linguistiques (allemand et slovène), l'extraordinaire musicalité du dialecte carinthien qui en résulte peut-être, la chape de silence posée sur l'histoire récente qui force les auteurs à inventer souvent leur langue propre, et enfin sur la question du rapport entre littérature du terroir (carinthien), littérature nationale (autrichienne) et littérature universelle.
Ce volume contient, entre autres, des textes d'auteurs tels que Ingeborg Bachmann, Christine Lavant, Michael Guttenbrunner, Peter Turrini, Werner Kofler, Gert Jonke, Josef Winkler, Florian Lipuš, Gustav Januš, etc..
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